DESCRIPTION DE L'ÉVÉNEMENT
Ciné-débat
Projection du documentaire « Le paradoxe du beau : des arts-thérapeutes à l’œuvre », d’Angela Evers et Youri Cayron ;
Suivi d’un échange avec :
Vincent Chielens. Art-thérapeute secteur 3. GHU Paris psychiatrie et Neurosciences
Solenne Siben. Art-thérapeute. Unité des arts-thérapies de la CMME. GHU Paris psychiatrie et Neurosciences
Paula Martinez Takegami. Danse mouvement thérapeute. Syndicat Français des Arts-Thérapeutes et Unité des arts-thérapies de la CMME. GHU Paris psychiatrie et Neurosciences.
Synopsis : Paroles d’Angela Evers et Youri Cayron
« « L’art-thérapie, n’est pas de l’art-thérapeutique… », sont les premières paroles de ce documentaire. Les interviews qui se succèdent, la parole d’arts-thérapeutes, d’un psychiatre et d’un professeur émérite, constituent le « fil rouge » de cette narration illustrée qui étaye les fondements,
encore peu connus, de cette forme d’accompagnement et, dans certaines conditions, de psychothérapie à médiation créative.
Nous avons voulu créer un documentaire vivant sur le sujet, inédit en France !
Chaque arts-thérapeute interviewé expose au travers de la spécificité de sa médiation artistique -arts-plastiques, arts de la scène, musicothérapie - sa démarche d’accompagnement auprès des publics bénéficiaires. On découvre comment les éléments du je/jeux poétiques, ses langages
singuliers différencient les arts-thérapies d’autres formes de psychothérapies exclusivement verbales. On aborde la subtile différence, voire la confusion, avec d’autres lieux où l’expression artistique est explorée à des fins d’animation ou de pédagogie, de développement personnel ou
simplement de loisir.
L’art-thérapie s’adresse à des personnes de tous âges et de toutes origines sociales en prise à des difficultés de santé physiques et/ou mentales, des personnes en situation de handicap, ou touchées par une maladie chronique, en proie à la dépression, à des problématiques d’addiction, victimes de stress post traumatique, exposées à des violences ou encore à du harcèlement … La séance d’art-thérapie constitue un lieu de répit, de resocialisation et donc de prévention, face à ces circonstances de vie entraînant un sentiment de perte de sens, de solitude existentielle et de précarité sociale !
L’art, par sa qualité relationnelle, communicative et universelle, absorbe et reflète notre condition humaine, nous aide ainsi à sublimer et à transcender nos souffrances. Le paradoxe du beau naît de cette opposition entre ce qui est vécu comme douloureux, voire indicible, et ce que le processus créatif permet pourtant de faire émerger de poétique et d’authentique de soi. L’expression créative mobilise l’imaginaire et le corps et accroît le sentiment d’exister, d’être relié à la vie. Les arts-thérapies apportent des éléments de réponse individuelles et collectives à la question « comment se soigner, comment faire société ensemble pour que chacun puisse y trouver une place, se sentir
vivant et accepté en toute sécurité… ». Ce documentaire se veut témoin de ce postulat.
Faire connaître et reconnaître les arts-thérapies…
Ce documentaire a une portée politique dans le sens où il revendique que le métier puisse être reconnu et réglementé par les instances officielles en France, à l’instar d’autres pays Européens et Anglo-saxons. Cette reconnaissance ne garantirai non seulement une avancée de la profession, mais donnerai également une plus grande protection du public bénéficière.
Il œuvre, par sa diffusion, à une plus grande visibilité institutionnelle, auprès du corps médical et des potentiels prescripteurs. La mise en œuvre des arts-thérapies et leur financement est un enjeu de Santé Publique notamment dans les secteurs de la gériatrie, de la psychiatrie, du médico-éducatif, du handicap ou des maladies chroniques, comme le cancer, la maladie d’Alzheimer... Les chiffres ci-après montrent la nécessité, auprès d’un public d’enfants et d’adolescents en perte de repères et en proie à une violence accrue, d’une forme d’accompagnement davantage accessible, socialisante et préventive.
Comme explicité dans le documentaire, les arts-thérapeutes travaillent souvent avec des contrats précaires et sont absents dans beaucoup d’institutions de soin, où ils auraient pourtant toute leur place. Ce constat est en totale contradiction avec les 900 publications de L’ OMS et d’autres ressources scientifiques, qui vont dans le sens des bénéfices des arts-thérapies dans la Santé Publique. La consommation de psychotropes explose chez les enfants, les jeunes et les adultes : +76% chez les mineurs ; un record de pensées suicidaires chez les 18–24 ans (+7,1 % en 2021) ; une hausse vertigineuse d’antidépresseurs chez les jeunes filles (271 000 en 2023 contre 137 000 en 2015). Face à cette médicalisation (et médication) massive, une question se pose : voulons-nous vraiment réduire la souffrance psychique à une ordonnance ? C’est pourtant ce qui se dessine.*
Tant que la profession ne sera pas officiellement reconnue et réglementée, la pénurie de postes d’arts-thérapeutes en direction de publics qui devraient pouvoir en bénéficier, se poursuivra. Les arts-thérapies, comme d'autres approches règlementées désormais intégrées dans les services de soin, ouvrent une autre voie : non médicamenteuse, créative, humaine."
*Source : Ponnou (2025) ; Baromètres Santé publique France (2010–2021)
ORGANISATEUR PRINCIPAL
GHU Paris Psychiatrie et Neuroscience
LISTE DES PARTENAIRES
Syndicat Français des Arts-thérapeutes